Formation des dirigeants de clubs sportifs : le retard qui coûte cher au mouvement sportif
Formation des dirigeants de clubs sportifs : le retard qui coûte cher au mouvement sportif

Depuis plusieurs décennies, le mouvement sportif français a réalisé un travail remarquable dans la formation sportive. Les performances de nos équipes de France, notamment dans les sports collectifs, en témoignent.

Entraîneurs, éducateurs, arbitres… les compétences techniques ont bénéficié d'investissements importants. Mais, pendant que nous apprenions à mieux entraîner et accompagner les pratiquants, un autre enjeu est resté en retrait : la formation de celles et ceux qui font vivre les clubs.

Aujourd'hui, les dirigeants, bénévoles et salariés associatifs doivent répondre à des enjeux qui dépassent largement le seul domaine sportif : financement, partenariats, communication, numérique, ressources humaines, gouvernance ou encore développement du projet associatif.

Pourtant, ils ont rarement été préparés à exercer ces nouvelles responsabilités.

Un enjeu majeur pour l'avenir des clubs

Le sport français repose sur près de 3,5 millions de bénévoles engagés dans plus de 160 000 clubs.

Ce modèle constitue une richesse exceptionnelle mais aussi une fragilité. Depuis de nombreuses années, beaucoup évoquent un modèle associatif « sous tension ». Si nous ne donnons pas aux dirigeants les moyens d'accompagner les évolutions actuelles, le risque est de voir progressivement s'installer un modèle plus proche des pays anglo-saxons, dans lequel le pratiquant finance beaucoup plus directement le coût réel des prestations qui lui sont proposées. A titre indicatif, nous avons déjà calculé à de nombreuses reprises lors de nos accompagnements, le tarif à l’heure d’encadrement par un éducateur professionnel que les parents payent pour leurs enfants… Nous sommes souvent entre 20 centimes et 1 euro de l’heure et ce grâce à notre organisation reposant fortement sur le bénévolat ! 

Imaginons si nous devions payer le prix réel ! 

Former les dirigeants, les bénévoles et les salariés n'est donc plus un sujet secondaire : c'est devenu une condition de pérennité du modèle sportif français.

Pourquoi un tel retard ?

Plusieurs facteurs peuvent permettre d'expliquer cette situation.

Le premier tient aux profils des salariés recrutés au sein du mouvement sportif. Dans les clubs, mais aussi dans les ligues et les comités, les recrutements concernent très majoritairement des éducateurs sportifs ou des entraîneurs. Ces compétences sont indispensables au développement de la pratique sportive.

En revanche, les missions liées au développement économique, aux partenariats, à la communication, au marketing, au numérique ou encore à l'accompagnement des clubs sont souvent confiées à ces mêmes professionnels, alors qu'elles correspondent à d'autres métiers, nécessitant d'autres compétences et parfois d'autres appétences.

Le second facteur est plus culturel.

Depuis longtemps, la bonne santé d'une discipline est principalement évaluée à travers ses résultats sportifs. Les performances des équipes de France, les titres remportés ou le nombre de licenciés restent les principaux indicateurs de réussite.

Cette logique a naturellement orienté les priorités de formation vers les compétences sportives.

Elle se retrouve également, en partie, dans les critères d'attribution des financements des principaux partenaires publics, notamment les collectivités territoriales, où les dimensions sportives demeurent des critères importants d'appréciation des projets notamment chez les équipes fanions.

Pour autant, les attentes évoluent rapidement.

Les collectivités comme les partenaires privés accordent désormais une importance croissante aux démarches de responsabilité sociétale des organisations (RSO), ou développement durable.

Au-delà d'un simple critère de financement, la RSO replace le projet associatif au cœur du développement des clubs. Elle interroge leur utilité sociale, leur gouvernance, leur impact environnemental, leur ancrage territorial, leur capacité à favoriser l'inclusion, la santé, l'engagement bénévole ou encore le vivre-ensemble.

Autrement dit, la performance sportive ne suffit plus, à elle seule, à mesurer la valeur créée par une association sportive.

Une nouvelle approche de la formation

Face à ces évolutions, la montée en compétences des acteurs des clubs devient incontournable.

L'enjeu n'est plus seulement de proposer davantage de formations, mais de les rendre accessibles au plus grand nombre.

Avec plus de 160 000 clubs sur le territoire, aucune tête de réseau (fédération, ligue ou comité) ne peut raisonnablement répondre aux besoins uniquement par des formations en présentiel.

Il s'agit désormais d'imaginer une véritable stratégie d'ingénierie pédagogique combinant présentiel, classes virtuelles, autoformation et accompagnement individuel.

Le e-learning suscite encore parfois des réserves. Elles sont compréhensibles : cette modalité est récente et beaucoup d'acteurs ont connu des expériences peu convaincantes.

Pourtant, lorsqu'il est pensé comme un élément d'un parcours global et enrichi d'exemples concrets ainsi que d'un accompagnement personnalisé, il devient un levier extrêmement efficace pour diffuser les compétences à grande échelle.

C'est cette conviction qui guide Wellclub, avec des parcours associant des modules e-learning centrés sur les réalités du terrain et de courts accompagnements individuels permettant à chaque dirigeant de construire un plan d'actions adapté à son club.

Conclusion, un enjeu profond et complexe : Former les dirigeants ne relève plus uniquement du développement des compétences : c'est désormais un enjeu de société. Car derrière les difficultés rencontrées par les clubs se dessine une fragilisation progressive du modèle économique associatif. La baisse des financements publics n'en est que la partie émergée de l'iceberg ; les tensions sur le bénévolat pourraient, à terme, conduire à un basculement vers un modèle où le coût réel du sport serait supporté par les pratiquants. Une évolution qui remettrait profondément en question l'accessibilité à la pratique sportive et ses bénéfices en matière de santé publique. 

Dans un de nos prochains articles et prochaine newsletter…

La RSO n’est plus un simple “plus” pour les associations sportives. Elle devient progressivement un fil conducteur des politiques publiques, des attentes des partenaires et du projet associatif des clubs.

Mais que recouvre réellement la responsabilité sociétale d’un club sportif ?

RSO, RSE, développement durable, sociétal, social, environnemental… les notions se multiplient et créent encore de la confusion, alors même que le sujet s’impose progressivement comme central pour le mouvement sportif.

Derrière cette complexité se cache pourtant un enjeu majeur : bien structurée, la RSO peut devenir un levier puissant, reliant sens du projet associatif et consolidation du modèle économique.

Un sujet désormais incontournable pour l’avenir des clubs.

Dans notre prochaine newsletter, nous reviendrons de façon concrète sur ces notions et leurs impacts pour les clubs sportifs.

Plus d'informations sur Olivier ABDELLAOUI, responsable des formations et du blended learning chez Wellclub :
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La réussite de nos interventions est basée sur la mise en place auprès des personnes ressources du club d’une formation théorique agréée Qualiopi…
…et d’un accompagnement terrain pour mettre en oeuvre un plan d’action adapté aux besoins du club.
ENSEMBLE, METTONS EN OEUVRE LA MODERNISATION DE VOTRE CLUB